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Des supermarchés visés le 2 novembre en Europe : une nouvelle cyberattaque laisse des rayons alimentaires vides

Une nouvelle vague de cyberattaques contre la réfrigération de magasins européens a entraîné des pertes de marchandises et des réapprovisionnements. De la Belgique à l’Italie, les conséquences varient fortement selon les enseignes et les points de vente.

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Compartiments de congélateurs partiellement vides dans un supermarché.

En bref

La vague de cyberattaques du 2 novembre contre des installations frigorifiques européennes a provoqué des hausses de température, avec des aliments jetés dans certains magasins et des rayons à réapprovisionner.

L'essentiel

  • L’attaque survient après un précédent en France, le 12 octobre.
  • Plusieurs enseignes sont concernées, notamment Carrefour, Delhaize, Musgrave, Coop et Intermarché.
  • En Belgique, des dizaines de points de vente ont signalé des perturbations.
  • Les dégâts vont d’incidents limités à la destruction de stocks alimentaires.

Une nouvelle vague européenne après l’attaque en France

Le 2 novembre, des systèmes frigorifiques de supermarchés ont été la cible d’une nouvelle cyberattaque dans plusieurs pays européens. Environ trois semaines auparavant, le 12 octobre, une attaque comparable avait déjà frappé la France. Cette nouvelle vague donne une dimension européenne aux perturbations : plusieurs réseaux de distribution sont concernés, avec des conséquences immédiates sur la conservation des marchandises.

Des incidents ont été signalés en Belgique et au Luxembourg, mais aussi aux Pays-Bas, en Irlande et au Portugal. Dans le nord de l’Europe, la Suède, la Finlande et l’Estonie sont également concernées. Des cas sont rapportés en Italie, en Roumanie, en Allemagne et au Royaume-Uni. Ces signalements ne correspondent toutefois pas tous au même degré de confirmation : certaines enseignes reconnaissent une attaque, tandis que d’autres font état de problèmes frigorifiques dont l’origine reste à établir.

Aucune revendication n’a été rendue publique à ce stade. En Belgique, le parquet fédéral a ouvert une enquête. Pour suivre un autre dossier de cybersécurité, notre article consacré au piratage de Binance traite d’un événement distinct : ici, les conséquences se mesurent directement dans les équipements frigorifiques et les stocks des commerces.

En Belgique, des perturbations limitées chez Carrefour mais plusieurs réseaux touchés

La Belgique compte des dizaines de magasins affectés, répartis entre plusieurs chaînes. Carrefour décrit un impact léger dans 15 magasins, pour un réseau dépassant 700 établissements. Aucun de ses hypermarchés n’est concerné. Les installations perturbées se trouvent surtout au rayon surgelés, et l’enseigne indique avoir maintenu l’ouverture de tous ses magasins.

Chez Intermarché Belgique, moins de 15 points de vente sont concernés parmi les 150 du réseau. L’étendue des pannes varie : un appareil seulement dans certains commerces, plusieurs dans d’autres. La majorité des incidents a pu être gérée avant l’ouverture ; ailleurs, des livraisons de remplacement sont en cours. Un magasin touché ne signifie donc pas nécessairement un magasin fermé, ni une perte de l’ensemble de ses produits frais et surgelés.

Colruyt a également recensé des problèmes dans cinq magasins Spar exploités par des indépendants. À Mons, Ikea Belgique a confirmé une forte hausse de température dans les congélateurs de son établissement. Au Luxembourg voisin, Delhaize a identifié quatre magasins touchés. Ces différents cas montrent que les perturbations dépassent une seule enseigne, sans atteindre uniformément tous les établissements d’un réseau.

De l’Irlande à la Suède, des bilans différents selon les enseignes

Le groupe Musgrave a recensé 13 magasins affectés en Irlande, auxquels s’ajoute un nombre réduit de ses supérettes aux Pays-Bas. Au Portugal, Mosqueteiros a confirmé le lien avec une cyberattaque pour des incidents survenus dans sept Intermarché. Ces bilans concernent des établissements identifiés, et non l’intégralité des réseaux de distribution dans ces pays.

En Suède, Coop a confirmé un incident informatique dans six magasins de son réseau d’environ 800 établissements, avant d’annoncer le retour au fonctionnement normal des réfrigérateurs et congélateurs. Ica a, de son côté, reconnu des problèmes de froid dans un nombre restreint de commerces, mais sans confirmer qu’une cyberattaque en était responsable.

La situation reste également moins certaine chez Kesko, en Finlande : quelques petits supermarchés ont connu des températures anormales, et une intrusion informatique n’était pas exclue. En Estonie, la hausse a atteint 50 °C dans les installations frigorifiques d’au moins un supermarché. Ce cas illustre l’ampleur possible des dérèglements, sans constituer une température commune à tous les magasins affectés.

Des marchandises jetées, mais pas de menace alimentaire générale annoncée

En Italie, le gouvernement évalue à environ 20 le nombre de magasins concernés et décrit un impact très limité. Pour le groupe Radenza, Giuseppe Spadaro a indiqué que quatre supermarchés sur 300 avaient été visés. Il a aussi fait état de marchandises intégralement jetées et de rayons laissés vides : dans ces établissements, l’incident informatique s’est traduit par une perte directe de stock.

À l’inverse, au Royaume-Uni, des membres de l’association des fournisseurs indépendants de viande ont été touchés sans perdre de produits, leurs appareils étant vides. La présence de marchandises au moment de l’incident change donc fortement le bilan. Les autorités italiennes ont par ailleurs indiqué qu’aucun risque sanitaire lié à la décongélation n’avait été constaté.

Le commissaire européen à l’agriculture et à l’alimentation, Christophe Hansen, a dénoncé une volonté de perturber l’approvisionnement alimentaire. Il distingue néanmoins deux réalités : la sécurité alimentaire n’est pas menacée pour l’instant, mais le gaspillage et les conséquences économiques pour les entreprises sont déjà tangibles. Pour vos courses, les effets rapportés restent ainsi locaux : rayons dégarnis, produits perdus et réapprovisionnements, plutôt qu’une interruption générale de la distribution.

Questions fréquentes

La France est-elle concernée par cette nouvelle vague ?

L’attaque française comparable remonte au 12 octobre. La vague du 2 novembre concerne des magasins dans d’autres pays européens.

Tous les magasins des enseignes citées sont-ils touchés ?

Non. Les bilans portent sur certains établissements : Carrefour Belgique évoque ainsi 15 magasins affectés sur plus de 700.

Des aliments ont-ils dû être jetés ?

Oui, notamment dans les magasins évoqués par Giuseppe Spadaro en Italie. Les pertes ne sont toutefois pas systématiques dans les établissements touchés.

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