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Retraités : pourquoi l’abattement fiscal ne vous dispense pas toujours d’impôt

Un abattement réduit le revenu imposable, mais ne garantit pas de ne plus payer d’impôt. Les plus-values imposées à taux proportionnel et les revenus à prélèvement libératoire sont exclus du revenu retenu pour ce dispositif, sans être pour autant exonérés.

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Documents, calculatrice et lunettes sur une table pour préparer sa déclaration fiscale.

En bref

Certains retraités restent imposables parce que l’abattement réduit seulement leur revenu imposable et que des revenus exclus de son calcul conservent leur propre mode d’imposition.

L'essentiel

  • L’abattement est une diminution du revenu imposable, pas une réduction équivalente de l’impôt.
  • Les plus-values imposées à taux proportionnel et les revenus à prélèvement libératoire sont exclus du revenu retenu pour le dispositif.
  • Cette exclusion du calcul ne constitue pas une exonération fiscale.
  • Le maximum de 2 881 € correspond à une projection pour 2027, et non à l’imposition des revenus de 2025 déclarés en 2026.

Un montant d’abattement n’est pas un montant d’impôt économisé

L’abattement prévu à l’article 157 bis du Code général des impôts intervient sur le revenu imposable. Il diminue la somme retenue pour calculer l’impôt, et non directement la somme que vous devez payer. Un abattement de plusieurs milliers d’euros ne correspond donc pas à une économie d’impôt du même montant. Cette distinction explique pourquoi son attribution ne suffit pas à rendre un foyer non imposable.

Après application de l’avantage, un revenu imposable peut subsister. Le dispositif n’efface pas nécessairement toute la base de calcul : il en retranche un montant déterminé. Vous pouvez ainsi bénéficier de l’abattement tout en restant redevable d’un impôt. Il faut séparer deux questions : avez-vous droit à cette diminution de revenu, et reste-t-il un impôt à payer une fois celle-ci appliquée ?

Certains revenus ne comptent pas pour l’abattement

L’accès à cet avantage dépend notamment des ressources du foyer fiscal. Mais le revenu net global retenu pour ce calcul ne comprend pas toutes les catégories de revenus : les plus-values imposées à taux proportionnel et les revenus soumis à un prélèvement libératoire en sont exclus. Leur absence de ce calcul ne permet donc pas de conclure que le foyer n’a perçu aucun revenu de cette nature.

La précision sur le mode d’imposition est essentielle. L’exclusion vise les plus-values imposées à taux proportionnel, pas indistinctement toutes les plus-values. De même, elle concerne les revenus soumis à un prélèvement libératoire. Pour comprendre la portée de l’abattement, il faut donc distinguer le revenu utilisé pour apprécier les ressources des revenus relevant de ces modes d’imposition.

Cette séparation explique une situation qui peut sembler contradictoire : un foyer peut avoir des ressources retenues suffisamment faibles pour bénéficier de l’avantage, tout en percevant des revenus imposés à part. Le droit à l’abattement et l’existence d’une imposition sur ces revenus ne s’excluent pas. Ils portent sur des calculs différents.

Exclusion du calcul et exonération ne sont pas synonymes

Une plus-value imposée à taux proportionnel reste soumise à ce mode d’imposition même lorsqu’elle n’entre pas dans le revenu retenu pour l’abattement. Son exclusion concerne l’appréciation des ressources pour ce dispositif ; elle ne supprime pas son imposition. Vous ne pouvez donc pas déduire de l’obtention de l’avantage que cette plus-value échappe à l’impôt.

Le raisonnement est identique pour un revenu soumis à un prélèvement libératoire : il relève de ce prélèvement, même s’il est absent du calcul du revenu net global utilisé ici. L’abattement ne transforme pas ce revenu en revenu exonéré. Pour apprécier son effet, gardez ainsi distinctes la baisse du revenu imposable et l’imposition des catégories de revenus laissées hors de ce calcul.

Le chiffre de 2 881 € doit être rattaché à la bonne année

Pour les revenus de 2025 déclarés en 2026, le maximum indiqué est de 2 822 €. Le montant de 2 881 € correspond à une projection pour 2027, sous réserve d’une revalorisation envisagée. Il ne faut donc pas utiliser ce dernier chiffre comme montant applicable à la déclaration de 2026.

Quel que soit le montant applicable, la limite du mécanisme demeure la même : il s’agit d’un abattement sur le revenu, pas d’une dispense générale d’impôt. Une hausse de cet avantage ne change pas non plus la distinction entre les revenus retenus pour son calcul et ceux qui en sont exclus.

Questions fréquentes

Puis-je bénéficier de l’abattement et payer encore de l’impôt ?

Oui. L’abattement peut laisser subsister un revenu imposable, tandis que les revenus exclus du calcul conservent leur propre mode d’imposition.

Toutes les plus-values sont-elles exclues du calcul ?

L’exclusion mentionnée concerne les plus-values imposées à taux proportionnel. Elle ne doit pas être étendue à toutes les plus-values.

L’abattement de 2 881 € s’applique-t-il à la déclaration de 2026 ?

Non : ce montant est projeté pour 2027. Pour les revenus de 2025 déclarés en 2026, le maximum indiqué est de 2 822 €.

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