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Vous arrachez encore toutes les orties du jardin : gardez-en un coin pour accueillir les papillons autrement

Les orties nourrissent les chenilles de plusieurs papillons, tandis que les fleurs apportent du nectar aux adultes. Voici comment organiser ce refuge, contenir les touffes et éviter les traitements ou les coupes qui compromettent son intérêt.

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Touffes d’orties et fleurs nectarifères dans un petit coin de jardin ensoleillé.

En bref

Conserver des orties, ajouter des fleurs nectarifères et renoncer aux pesticides permet d’offrir aux papillons à la fois de quoi nourrir leurs chenilles et alimenter les adultes.

L'essentiel

  • Installez plusieurs touffes d’orties dans un endroit protégé du vent.
  • Associez plantes-hôtes et fleurs nectarifères locales.
  • Contenez les orties sans raser systématiquement le refuge.
  • Gardez des tiges sèches et des abris pendant la mauvaise saison.

Comprendre ce que les orties apportent aux papillons

Voir des papillons sur les fleurs ne signifie pas qu’ils accomplissent leur cycle dans votre jardin. Avant l’adulte viennent l’œuf, la chenille et la chrysalide. Le nectar nourrit les adultes ; les plantes-hôtes nourrissent les chenilles. Un massif fleuri peut donc attirer des visiteurs sans permettre leur installation durable. Le premier geste consiste à réserver une place aux végétaux dont les chenilles ont besoin, même s’ils ne ressemblent pas à des plantes d’ornement.

L’ortie peut accueillir jusqu’à 20 espèces de lépidoptères. Le Paon du jour, le Vulcain et la Petite tortue comptent parmi les papillons qui lui sont associés. Ce potentiel n’est pas une promesse de voir toutes ces espèces chez vous : il explique l’intérêt de conserver cette plante. Pour diversifier les possibilités, le fenouil, l’aneth ou la carotte constituent aussi des plantes-hôtes pour le Machaon.

Choisir un emplacement et limiter l’expansion des touffes

Réservez aux orties un emplacement au soleil ou à mi-ombre, protégé du vent, avec une terre plutôt riche. Vous pouvez les conserver au pied d’un massif. Les recommandations de surface varient : Une Ville pour Tous propose 1 à 2 m² d’orties, tandis qu’Elleadore décrit un refuge de 2 × 3 m. Ces dimensions sont des repères d’aménagement, pas une superficie unique à respecter.

Privilégiez plusieurs touffes plutôt qu’une masse continue. Pour garder la maîtrise de leur place, délimitez le secteur avec des pierres ou tondez régulièrement son pourtour. Au début du printemps, un passage de bêche dans les rhizomes permet également de contenir les orties. L’objectif est de délimiter le coin sauvage, non de le supprimer. Vous gardez ainsi un espace consacré aux chenilles sans laisser les touffes occuper tout le jardin.

Ajouter des fleurs pour nourrir aussi les adultes

À côté des orties, choisissez des plantes nectarifères locales. Vous pouvez notamment associer du thym et de l’origan à des asters tardifs, des sédums, de la valériane rouge ou de l’eupatoire chanvrine. Les bruyères font aussi partie des plantes proposées pour ce refuge. Cette association répond à deux besoins distincts : les chenilles disposent de leur plante-hôte et les adultes trouvent du nectar pour constituer leurs réserves.

Ne misez pas uniquement sur le buddleia, présenté comme invasif par la LPO. Les chrysanthèmes sont également écartés de cette sélection, leur nectar étant considéré comme difficilement accessible. En revanche, le lierre fleuri apporte une ressource jusqu’aux premiers froids. Quelques fruits tombés et très mûrs peuvent aussi nourrir les Vulcains. Ce complément garde un intérêt en automne : plusieurs espèces restent actives jusqu’en novembre, parfois en décembre.

Adapter les coupes au calendrier du refuge

En juin, une coupe partielle peut renouveler la nourriture disponible : rabattez environ la moitié de la touffe d’orties à quelques centimètres du sol pour obtenir de nouvelles pousses. Évitez de tout couper d’un seul passage. À proximité, conserver un îlot d’herbes hautes sans le tondre avant la fin de l’été apporte également des cachettes et de la nourriture aux chenilles.

En automne, ne rabattez pas aussitôt les orties sèches : elles peuvent héberger des œufs, des chrysalides et des insectes qui passent l’hiver. Leur nettoyage peut attendre la fin de l’hiver. Gardez par ailleurs des tiges creuses debout jusqu’au printemps suivant. Distinguez cet entretien de celui des plantes d’ornement, comme la taille des rosiers avant l’hiver : chaque zone appelle une intervention adaptée.

Écarter les traitements et conserver les abris

Un refuge à papillons se conçoit sans pesticides. Selon la Fondation pour la Nature et l’Homme, l’emploi d’un seul pesticide ou d’un fongicide peut réduire de moitié le nombre d’espèces observées dans un jardin. Les pucerons spécifiques des orties ne s’attaquent pas aux légumes et nourrissent notamment les coccinelles, les syrphes et les chrysopes. Leur présence ne justifie donc pas de traiter systématiquement les touffes.

Pensez aussi aux endroits où les adultes peuvent hiverner. Les Paons du jour et les Petites tortues utilisent volontiers des hangars, des bûchers ou d’autres abris peu chauffés. Au moment de l’entretien de l’abri de jardin, gardez à l’esprit cette fonction d’accueil. Le refuge ne se limite donc pas au massif : il associe nourriture, végétation conservée et possibilités de passer la mauvaise saison à l’abri.

Questions fréquentes

Les fleurs seules suffisent-elles à installer des papillons ?

Elles alimentent les adultes, mais les chenilles ont besoin de plantes-hôtes. Associer les deux permet de répondre à ces besoins complémentaires.

Faut-il enlever les orties sèches dès l’automne ?

Non. Elles peuvent abriter des œufs, des chrysalides et des insectes hivernants. Attendez la fin de l’hiver pour leur nettoyage.

Peut-on contenir les orties sans les arracher toutes ?

Oui, avec une bordure de pierres, une tonte autour des touffes ou une intervention à la bêche sur les rhizomes au début du printemps.

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