Des corps d’obus de 155 mm pour les Caesar : aux Forges de Tarbes, le redressement ouvre la voie à un repreneur
Les Forges de Tarbes ont été placées en redressement judiciaire le 26 octobre, avec l’objectif de permettre une reprise. Environ 60 emplois et la fabrication de corps d’obus destinés aux Caesar sont au cœur du dossier.
En bref
Le redressement judiciaire prononcé le 26 octobre par le tribunal de commerce de Tarbes doit permettre de chercher un repreneur pour les Forges de Tarbes, qui fabriquent des corps d’obus utilisés par les canons Caesar.
L'essentiel
- Environ 60 personnes travaillent dans l’entreprise, propriété d’Europlasma depuis 2021.
- Le site occupe une place majeure en France dans la fabrication de corps d’obus de 155 mm.
- Europlasma avait annoncé en avril vouloir vendre ses activités de défense.
- La Direction générale de l’armement a alerté le parquet sur des décisions de gestion.
Le 26 octobre, la recherche d’une reprise change de cadre
L’avenir des Forges de Tarbes se joue désormais dans le cadre d’un redressement judiciaire. La décision du tribunal de commerce intervient alors que son propriétaire, Europlasma, avait déjà affiché son intention de se séparer de ses activités de défense. L’objectif de cette procédure est de favoriser l’arrivée d’un repreneur pour le site.
Il faut distinguer deux étapes : la volonté de vendre, annoncée par le groupe en avril, et le placement de l’entreprise sous cette procédure le 26 octobre. La première relevait du projet de cession d’Europlasma ; la seconde inscrit désormais la recherche d’une solution dans un cadre judiciaire. Le redressement n’est donc pas l’annonce d’une reprise déjà conclue.
Pour les Caesar, l’enjeu porte sur les munitions
L’activité concernée est bien précise : les ateliers tarbais fabriquent les corps métalliques d’obus de 155 mm destinés aux canons Caesar. Le dossier touche donc à la chaîne de fabrication des munitions, et non à l’assemblage des canons eux-mêmes. Ces obus servent à l’armée ukrainienne ainsi qu’à l’armée française.
La place du site donne à ses difficultés une portée qui dépasse Tarbes. Les Forges constituent l’un des maillons majeurs de la production française de corps d’obus. Pour cette filière, l’enjeu de la recherche d’un repreneur est de préserver cette capacité industrielle. La décision judiciaire porte sur l’entreprise qui fabrique ces composants : elle ne doit pas être confondue avec une décision concernant la production des Caesar.
Environ 60 emplois derrière le projet industriel
À l’échelle locale, environ 60 salariés sont concernés par l’avenir de l’usine. La recherche d’une reprise associe ainsi deux enjeux : celui des emplois sur place et celui d’un outil industriel spécialisé dans les munitions. Pour les équipes, la question du futur propriétaire est liée à celle du projet qu’il porterait pour les ateliers.
Lors de son acquisition du site en 2021, Europlasma avait promis une modernisation. Le groupe avait également fixé un objectif de 15 000 pièces mensuelles pour 2025. Ce chiffre correspond à une ambition de production, pas à un volume effectivement réalisé. Il permet de mesurer l’ampleur du projet initial, alors que la priorité est désormais de trouver une issue aux difficultés financières.
La gestion signalée au parquet par la DGA
Le dossier comporte aussi un volet concernant la gestion de l’entreprise. La Direction générale de l’armement, ou DGA, a saisi la procureure de la République de Tarbes. Elle estime que certaines décisions récentes ont pu accélérer la détérioration de la situation financière des Forges.
Cette démarche est distincte de la recherche d’un industriel prêt à reprendre le site. Elle porte sur les décisions ayant précédé l’aggravation des difficultés. Le signalement exprime l’appréciation de la DGA : il ne constitue pas, à lui seul, un jugement établissant une responsabilité. Les deux volets du dossier doivent donc être distingués.
Europlasma évoque un industriel français pour ses activités de défense
Europlasma affirme discuter avec un industriel français au sujet de ses activités de défense. Cette perspective rejoint le souhait de cession annoncé en avril, mais des discussions ne valent pas accord de reprise. Pour les Forges, l’enjeu reste de faire aboutir une solution industrielle dans le nouveau cadre ouvert par le tribunal.
Les difficultés financières du propriétaire éclairent ce contexte. En 2025, Europlasma avait reconnu des tensions de trésorerie, qu’il expliquait par les pertes enregistrées dans la plupart de ses activités. Le dossier tarbais associe donc la fragilité financière de l’entreprise, le désengagement souhaité par son propriétaire et la recherche d’un acteur capable de porter la suite du projet.
Questions fréquentes
Les Forges de Tarbes fabriquent-elles les canons Caesar ?
Non, leur activité concernée est la fabrication de corps d’obus de 155 mm destinés à ces canons.
Un repreneur a-t-il déjà été désigné ?
Le redressement doit ouvrir la voie à une reprise. Europlasma évoque des échanges avec un industriel français, sans accord de reprise annoncé.
Combien de salariés sont concernés ?
L’entreprise compte environ 60 salariés sur le site de Tarbes.