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Le BHV Marais demande le redressement judiciaire : la direction veut protéger sa relance face au conflit avec Brookfield

Le BHV Marais a demandé le 27 octobre son placement en redressement judiciaire pour protéger sa relance, son activité et ses emplois. Au cœur du dossier, des indemnités réclamées à Brookfield, qui conteste devoir de l’argent au magasin.

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Façade d’un grand magasin parisien et vitrines au rez-de-chaussée.

En bref

Le BHV Marais a sollicité le redressement judiciaire le 27 octobre afin de protéger la poursuite de son activité et de sa relance, sur fond de désaccord financier avec son propriétaire immobilier, Brookfield.

L'essentiel

  • La demande a été adressée au tribunal des activités économiques de Lyon.
  • Le BHV réclame des indemnités liées à la restitution de surfaces ; Brookfield conteste toute somme due à ce jour.
  • La direction indique que le magasin demeure ouvert et que les équipes travaillent.
  • L’enseigne comptait 700 salariés d’après les chiffres de septembre.

Une demande de protection pour poursuivre la relance

Le magasin de la rue de Rivoli, dans le 4e arrondissement parisien, a demandé mardi 27 octobre à être placé en redressement judiciaire. La démarche intervient après la reprise de l’enseigne en juin par Karl-Stéphane Cottendin. Elle marque le recours à une protection judiciaire pour un projet que la direction dit vouloir poursuivre, et non abandonner.

L’objectif affiché associe trois enjeux : maintenir le commerce en activité, préserver les emplois et donner un cadre au redémarrage. Il s’agit d’une demande de placement, à distinguer d’une décision du tribunal. C’est auprès du tribunal des activités économiques de Lyon que le BHV a sollicité cette protection.

Pour les clients, cette démarche ne se traduit pas par une fermeture annoncée : la direction assure que le magasin reste accessible et que les salariés sont à leur poste. L’enjeu social concerne une enseigne qui employait 700 personnes selon les chiffres de septembre. La continuité de l’activité figure ainsi au premier rang des objectifs revendiqués.

Des indemnités contestées au centre du conflit immobilier

Le différend oppose l’exploitant du BHV à Brookfield, le fonds canadien propriétaire du bâtiment. Selon la direction du magasin, la restitution de plus de la moitié des surfaces devait avoir pour contrepartie le paiement d’indemnités. Elle affirme que les sommes attendues n’ont pas été versées et présente ce manque de trésorerie comme un obstacle à son projet.

Brookfield défend une position opposée : le bailleur conteste être redevable d’argent au BHV à ce jour. Il invoque également des questions de conformité concernant les espaces en cause. Le paiement réclamé reste donc litigieux : la somme que le magasin considère comme attendue n’est pas reconnue comme due par le propriétaire.

Ce conflit dépasse le seul montant d’une créance. La réduction de la surface occupée et les moyens destinés à relancer le magasin sont liés dans le projet présenté par la direction. Le désaccord touche donc à la fois l’organisation immobilière du BHV et le financement de l’activité qu’il veut conserver.

Les fonds attendus devaient financer le magasin conservé

La direction explique que les indemnités devaient permettre d’engager la relance dès l’été. Leur utilisation prévue couvrait plusieurs besoins : refaire connaître le magasin auprès de sa clientèle, remettre des produits en rayon et transformer les espaces restant exploités. Le financement attendu devait ainsi soutenir l’offre commerciale autant que l’aménagement.

Ces dépenses répondent à un même objectif : faire fonctionner le BHV dans un périmètre réduit. Réaménager la partie conservée ne suffit pas à lui seul ; le projet comprend aussi le réassort et la communication. C’est cet ensemble que la direction cherche à préserver avec sa demande, tout en traitant les dettes déjà accumulées.

À ces difficultés financières s’ajoutent des dégradations évoquées par la direction. Celle-ci rapporte des émeutes dans le centre de Paris lors de plusieurs samedis précédents, avec un pillage au rez-de-chaussée du BHV. Elle inscrit cet épisode dans le contexte difficile traversé par l’établissement.

La direction veut encadrer les dettes et rassurer les partenaires

Le raisonnement de la direction distingue les investissements à réaliser des dettes antérieures à traiter. Elle présente le redressement judiciaire comme le cadre permettant de geler ces dernières et d’en organiser le règlement. Cette protection recherchée doit, dans son argumentation, permettre de travailler à la relance sans laisser de côté le passif.

Les fournisseurs et les marques font également partie des partenaires qu’elle souhaite rassurer. La direction met en avant le paiement à échéance des partenaires revenant travailler avec le magasin, ainsi que la priorité légale qu’elle invoque pour eux. Elle attend aussi du cadre judiciaire une autorité et un calendrier pour obtenir l’exécution des engagements qu’elle attribue au bailleur.

La situation financière fait toutefois l’objet d’un autre désaccord : l’inspection du travail soupçonne une cessation de paiements, ce que la direction réfute. La demande de protection intervient donc au croisement de deux contestations, l’une sur l’état financier de l’établissement, l’autre sur l’argent réclamé à Brookfield.

Questions fréquentes

Peut-on encore se rendre au BHV Marais ?

Oui, la direction indique que le magasin reste ouvert et que les équipes sont en poste malgré la demande de redressement judiciaire.

Pourquoi le BHV réclame-t-il de l’argent à Brookfield ?

Le magasin affirme que des indemnités devaient accompagner la restitution de plus de la moitié de ses surfaces. Brookfield conteste devoir une somme à ce jour.

Quels emplois la direction cherche-t-elle à préserver ?

La demande vise à protéger l’activité et les emplois du BHV Marais, qui comptait 700 salariés selon les chiffres de septembre.

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