Plus de cent organisations réclament une pause dans les datacenters d’IA, la contestation s’organise à l’échelle européenne
Réunies sous la bannière « Stop Dirty Data Centres », des organisations de 15 pays européens demandent de suspendre les nouveaux projets dédiés à l’IA. Leur mobilisation vise à obtenir des évaluations et des règles strictes avant les constructions, plutôt qu’une interdiction définitive.
En bref
Avec « Stop Dirty Data Centres », plus d’une centaine d’organisations européennes unissent leurs demandes pour obtenir un moratoire sur les nouveaux centres de données destinés à l’IA.
L'essentiel
- Le regroupement rassemble des organisations présentes dans 15 pays européens.
- Des manifestations étaient annoncées pour les 6 et 7 novembre 2026 dans huit pays, dont la France.
- La demande centrale porte sur une suspension temporaire des nouvelles constructions, pas sur leur abandon définitif.
- Les militants réclament des évaluations préalables, davantage de transparence et un encadrement strict.
Une bannière commune pour porter les contestations en Europe
La contestation des centres de données destinés aux services d’intelligence artificielle se structure désormais à une échelle européenne. Le nom « Stop Dirty Data Centres » réunit plus d’une centaine d’organisations implantées dans 15 pays. Ce rassemblement donne une demande commune à des oppositions qui touchent aux conditions d’implantation de ces infrastructures : suspendre les nouveaux projets avant de poursuivre leur développement.
Parmi les soutiens figurent Greenpeace UK, des groupes locaux des Amis de la Terre ainsi que la branche de Bristol d’Extinction Rebellion. La mobilisation associe ainsi des organisations environnementales connues et des antennes ancrées localement. Cette combinaison permet de porter ensemble les préoccupations liées aux projets et une revendication adressée aux autorités : ne pas laisser les constructions avancer sans avoir examiné leurs conséquences.
Huit pays concernés par les appels à manifester
Les appels à manifester pour les 6 et 7 novembre 2026 concernaient huit pays. La France, l’Espagne et les Pays-Bas figuraient dans ce calendrier, aux côtés de la Pologne, du Danemark et de la Finlande. Le Royaume-Uni et l’Irlande complétaient cette géographie de la mobilisation. Le périmètre des manifestations annoncées était donc plus restreint que celui du regroupement, présent dans 15 pays.
Le point de ralliement dépasse la seule pollution. Le collectif met en cause les conséquences de la multiplication des datacenters en ville sur les ressources en eau, les prix de l’énergie et l’emploi. Il évoque également la vie locale, la santé mentale, la surveillance et les déchets électroniques. Ces préoccupations sont celles avancées par les militants pour demander un examen plus large des projets, au-delà de leurs seuls besoins techniques.
Un moratoire pour évaluer avant de construire
Le mot « moratoire » est au cœur de la démarche. Il désigne ici une pause immédiate dans les nouvelles constructions destinées aux services d’IA, afin de disposer du temps nécessaire pour en évaluer les effets. L’examen demandé couvre trois dimensions : les conséquences sociales, le bilan économique et les impacts environnementaux. Il ne s’agit donc pas, dans la position du collectif, d’exiger la fermeture de tous les centres existants ni l’interdiction définitive de tout nouveau projet.
Ce que les organisations veulent obtenir des autorités, c’est un cadre fixé avant les chantiers, avec des exigences réglementaires, environnementales et d’urbanisme. Elles demandent aussi que le fonctionnement des installations et leur empreinte environnementale soient davantage exposés au public. Cette revendication de transparence accompagne une accusation : le collectif reproche aux grandes entreprises technologiques de chercher à accélérer les projets par le lobbying tout en entretenant le secret.
Des demandes qui rencontrent les choix britanniques et européens
Au Royaume-Uni, le gouvernement estime les capacités supplémentaires nécessaires aux centres de données d’IA à 6 gigawatts d’ici la fin de la décennie. Il a instauré le « Data Center Covenant ». Cette charte demande aux futurs projets de prendre en charge leur consommation énergétique, de favoriser l’emploi et les investissements auprès des communautés riveraines, tout en respectant des exigences environnementales strictes et en participant à la sécurité nationale. La revendication militante va plus loin qu’un engagement accompagnant le développement : elle demande d’abord une suspension.
L’autre niveau de décision se trouve à Bruxelles. Le 4 novembre, lors d’un vote de la commission environnement du Parlement européen consacré à l’accélération des évaluations environnementales industrielles, les centres de données n’ont pas été mentionnés. Microsoft, Google et Amazon cherchent pourtant à obtenir un traitement privilégié pour ces installations. Pour le mouvement, l’enjeu est donc aussi de peser sur les règles qui détermineront les conditions d’examen des futurs projets, et pas seulement de contester chaque implantation séparément.
Questions fréquentes
La mobilisation demande-t-elle de supprimer tous les datacenters ?
Non. Elle réclame une pause sur les nouveaux projets destinés à l’IA, le temps de les évaluer et de définir un encadrement strict.
La France fait-elle partie des pays concernés ?
Oui. Elle figurait parmi les huit pays où des manifestations étaient annoncées pour les 6 et 7 novembre 2026.
Quelles informations les militants veulent-ils rendre publiques ?
Ils demandent davantage de transparence sur le fonctionnement des infrastructures et sur leur empreinte environnementale.