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Quatre usines Stellantis à l’arrêt en octobre 2026 : le manque de batteries n’explique qu’une partie des suspensions

Stellantis suspend la production à Mulhouse, Poissy, Rennes et Sochaux, avec 10 300 salariés et intérimaires concernés. Deux causes distinctes expliquent ces arrêts : des batteries manquantes pour certains modèles électriques et une réduction des stocks.

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Chaîne d’assemblage automobile immobile dans une usine.

En bref

Les suspensions de production chez Stellantis répondent à deux situations différentes : un approvisionnement insuffisant en batteries à Rennes et Sochaux, et des stocks à réduire à Mulhouse et Poissy.

L'essentiel

  • Quatre sites français sont concernés par les arrêts d’octobre 2026.
  • Le chômage partiel touche 8 400 salariés ; 1 900 intérimaires sont placés en chômage technique.
  • Les batteries manquantes équipent des versions électriques à grande autonomie.
  • À Poissy comme à Mulhouse, la suspension vise à ajuster les stocks.

10 300 personnes touchées, mais deux situations industrielles

La production est suspendue dans quatre implantations françaises de Stellantis : Mulhouse, Poissy, Rennes et Sochaux. Ces interruptions d’octobre 2026 ont une conséquence sociale commune, avec des salariés temporairement privés d’activité. Elles ne traduisent pourtant pas toutes le même problème : sur deux sites, un composant manque pour assembler certains véhicules ; sur les deux autres, le groupe freine la fabrication pour réduire les stocks.

Au total, 8 400 salariés passent en chômage partiel, auxquels s’ajoutent 1 900 intérimaires en chômage technique. Cela porte à 10 300 le nombre de personnes concernées. Pendant cette période, la rémunération annoncée pour les salariés concernés représente 84 % du salaire net. L’arrêt des chaînes a donc aussi un effet sur les revenus, au-delà de la seule organisation du travail.

Pour comprendre la portée de ces suspensions, il faut distinguer leur cause plutôt que les lire comme un seul mouvement uniforme. Un véhicule qui ne peut pas être terminé faute de batterie et un véhicule dont la fabrication est différée pour écouler les stocks conduisent au même résultat dans l’atelier, mais pas au même besoin pour relancer la production.

À Rennes et Sochaux, les batteries limitent l’assemblage

Les sites de Rennes et de Sochaux sont confrontés à un manque de batteries destinées aux déclinaisons électriques offrant une grande autonomie. Les modèles concernés sont les Peugeot e-3008 et e-5008, ainsi que le Citroën ë-C5 Aircross. Le blocage porte donc sur l’approvisionnement d’une pièce indispensable à ces véhicules, et non sur une décision de déstockage comparable à celle prise ailleurs.

Ces batteries sortent de l’usine ACC implantée à Douvrin, dans le Pas-de-Calais. ACC est une entreprise commune à Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies. Son secrétaire général, Matthieu Hubert, indique que l’entreprise utilise déjà au maximum ses capacités actuelles. Le niveau de production disponible ne suffit donc pas à alimenter les assemblages concernés.

Cette contrainte aide à comprendre pourquoi un arrêt ne révèle pas nécessairement un manque de commandes. À Rennes et Sochaux, la difficulté identifiée se situe du côté des batteries disponibles pour les versions à grande autonomie. Fabriquer davantage de ces voitures suppose de disposer des packs correspondants : la seule capacité des chaînes automobiles ne règle pas ce problème d’approvisionnement.

À Mulhouse et Poissy, Stellantis cherche à alléger les stocks

La logique est différente à Mulhouse, où sont assemblées les Peugeot 308 et 408, ainsi qu’à Poissy. Dans ces deux usines, Stellantis suspend la production pour gérer les stocks. L’objectif n’est pas d’attendre une batterie manquante, mais de limiter l’ajout de véhicules pendant que les volumes déjà produits diminuent.

À Poissy, Brahim Aït Athmane relie l’objectif de stocks presque nuls à la fin d’octobre aux attributions de crédit et à la notation du site. Cette explication donne une dimension financière au déstockage : le volume de voitures conservées entre aussi dans les critères évoqués pour l’évaluation de l’usine.

Réunir les quatre arrêts sous la seule étiquette de pénurie de batteries serait donc trompeur. Deux sites manquent d’un composant ; deux autres doivent réduire leurs stocks. Cette distinction est essentielle pour comprendre ce qui bloque chaque usine, même si les conséquences immédiates sur l’activité et l’emploi se ressemblent.

Des suspensions temporaires, distinctes de l’avenir des sites

Ces interruptions ne doivent pas être confondues avec les transformations industrielles déjà prévues. Poissy doit abandonner l’assemblage automobile en 2027 et se tourner vers le recyclage. L’arrêt lié aux stocks intervient donc dans un site dont l’activité est appelée à changer, mais il répond à un motif immédiat distinct de cette reconversion.

Mulhouse prépare, de son côté, l’arrivée de nouveaux modèles à l’horizon 2029. Ce projet ne supprime pas le besoin actuel d’ajuster la production des 308 et 408. Les perspectives à plusieurs années et la gestion des volumes d’octobre se situent ainsi sur deux calendriers différents : un arrêt temporaire ne suffit pas, à lui seul, à résumer l’avenir industriel d’une usine.

Questions fréquentes

Toutes les usines arrêtées manquent-elles de batteries ?

Non. Cette difficulté concerne Rennes et Sochaux. À Poissy et Mulhouse, les suspensions relèvent de la gestion des stocks.

Combien de personnes sont concernées ?

Le total atteint 10 300 personnes : 8 400 salariés en chômage partiel et 1 900 intérimaires en chômage technique.

Qui fabrique les batteries concernées ?

ACC les produit à Douvrin, dans le Pas-de-Calais. Cette entreprise réunit Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies.

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