Des chercheurs étudient la revente d’objets volés : Internet permet d’écouler vite, avec l’espoir d’un meilleur prix
La revente en ligne attire notamment par sa rapidité et la possibilité d’obtenir davantage d’argent, selon une étude australienne. Prix, délais et détection des annonces : voici ce que ces observations permettent de comprendre.
En bref
Internet offre un débouché rapide aux objets volés et la perspective de mieux les vendre, tandis que leur détection repose sur le croisement d’indices et l’examen humain.
L'essentiel
- Une enquête australienne relève un recours accru à Internet pour revendre à des inconnus.
- Trois des cinq revendeurs en ligne interrogés écoulaient leurs objets en moins de 24 heures.
- Un témoignage situe le prix habituel autour du tiers de la valeur, sans établir de tarif général.
- La détection associe outils technologiques, modération humaine et signalements.
Un débouché en progression dans une enquête australienne
Vêtements, parfums, cosmétiques : après les pillages du 17 octobre, des marchandises dérobées ont été proposées à petit prix sur Vinted et Leboncoin. Ces annonces illustrent un mécanisme plus large : les espaces de vente d’occasion servent aussi à transformer un butin en argent, auprès d’acheteurs que le vendeur ne connaît pas.
Une étude parue en 2025 dans le Journal of Criminology éclaire cette évolution. Elle s’appuie sur des entretiens réalisés à Perth, en août et septembre 2022, auprès de 107 personnes placées en garde à vue. Sur les 46 qui déclaraient avoir commis un vol pendant l’année, 11 % avaient vendu leur butin à des inconnus par Internet. Une enquête de 2012 donnait une proportion de 2 %.
Cette comparaison indique une progression dans les enquêtes citées, pas une mesure du marché français. Le groupe des revendeurs en ligne reste réduit : cinq personnes, dont quatre utilisaient Facebook Marketplace. Il permet d’observer des pratiques, mais pas de chiffrer la part des objets volés parmi toutes les annonces d’occasion.
La rapidité et le prix expliquent l’attrait du canal en ligne
Le délai de vente est un premier élément : parmi ces cinq personnes, trois déclaraient revendre en moins de 24 heures. Pour elles, Internet constituait donc un moyen de convertir rapidement les objets en argent. Ce résultat porte sur la vente elle-même, et non seulement sur la facilité à publier une annonce.
L’autre intérêt est financier. Un détenu interrogé situait le montant habituellement obtenu autour d’un tiers du prix et expliquait privilégier Internet pour gagner davantage. Ce témoignage décrit un arbitrage : accepter une forte décote, tout en cherchant un débouché plus rémunérateur.
Ce tiers ne constitue toutefois ni une moyenne établie ni un barème applicable à chaque objet. Il ne permet pas de calculer le prix auquel partent généralement vêtements, téléphones ou parfums. Les annonces à bas prix observées après les pillages montrent une décote, mais un témoignage individuel ne suffit pas à en fixer le niveau habituel.
La détection doit croiser les indices plutôt que juger le prix seul
Pour une plateforme, le défi consiste à distinguer une vente illicite d’une offre d’occasion légitime. Un prix très faible peut orienter la surveillance, mais il ne démontre pas, à lui seul, l’origine frauduleuse du produit. L’intérêt des outils de détection est donc d’aider à repérer les annonces qui nécessitent un examen.
Plusieurs éléments peuvent alimenter cet examen : une référence explicite au vol dans le texte, un dispositif antivol visible sur une photo ou une offre regroupant des articles neufs. La vigilance demandée aux plateformes concerne également les demandes d’achat : surveiller seulement les annonces de vendeurs laisserait de côté une partie des contenus concernés.
eBay décrit une combinaison de moyens : des outils technologiques recherchent des comportements suspects, puis des vérifications humaines et l’analyse des signalements complètent le dispositif. L’automatisation et l’intervention humaine sont complémentaires : repérer une anomalie n’équivaut pas encore à établir qu’un objet a été volé.
Retirer une annonce et identifier un receleur sont deux tâches distinctes
La modération peut aboutir au retrait d’une offre ou à une sanction du compte. Vinted indique ainsi pouvoir exclure définitivement un utilisateur qui enfreint ses règles. Ces mesures visent l’accès à la plateforme ; elles ne se confondent pas avec le travail d’identification mené par les enquêteurs.
La coopération avec les autorités sert précisément à relier ces deux niveaux, en leur transmettant les données utiles à l’identification des receleurs. Pour vous, la distinction essentielle reste juridique : acheter en connaissance de l’origine volée constitue un recel, passible en France d’une peine pouvant atteindre cinq ans d’emprisonnement.
Questions fréquentes
Les objets volés sont-ils toujours vendus au tiers du prix ?
Non. Cette proportion provient d’un témoignage australien, pas d’une moyenne valable pour l’ensemble des ventes.
L’étude montre-t-elle une hausse de la revente en ligne en France ?
Elle porte sur des personnes interrogées à Perth. Elle éclaire des pratiques, sans mesurer leur fréquence en France.
Un outil automatique suffit-il à détecter un bien volé ?
Le dispositif décrit par eBay associe technologie, contrôles humains et examen des signalements, plutôt qu’un outil unique.