Elon Musk confirme des discussions entre SpaceX et Tesla, mais une fusion se jouera sans lui dans les comités
Elon Musk a confirmé que SpaceX et Tesla étudiaient un rapprochement, sans accord à ce stade sur ses conditions. Des administrateurs indépendants examinent le projet, avant une éventuelle décision des actionnaires.
En bref
Elon Musk confirme l’examen d’une possible fusion SpaceX-Tesla, mais son conflit d’intérêts l’écarte des discussions confiées à des comités indépendants.
L'essentiel
- Les discussions sur un rapprochement sont confirmées publiquement pour la première fois.
- Chaque entreprise dispose d’un comité spécial créé à la demande des actionnaires.
- Les conditions d’une fusion ne font pas encore l’objet d’un accord.
- L’opération devrait ensuite être soumise à l’approbation des actionnaires.
Une confirmation publique, pas une fusion décidée
Le rapprochement entre SpaceX et Tesla dépasse désormais le stade d’une hypothèse extérieure aux entreprises. Elon Musk a confirmé publiquement, pour la première fois, l’existence de discussions entre les deux groupes. Il s’est également prononcé en faveur de l’idée. Mais cette préférence ne constitue ni un accord entre les sociétés ni une décision de les réunir.
La distinction est essentielle pour comprendre ce qui change : un projet est à l’étude, son aboutissement reste incertain. Elon Musk a lui-même jugé prématuré de conclure qu’une fusion se ferait. Les comités chargés de l’examiner ne se sont pas encore entendus sur les conditions. Pour les actionnaires, l’annonce confirme donc une démarche engagée, et non une opération déjà validée qu’il suffirait d’exécuter.
Des comités indépendants pour examiner les intérêts de chaque groupe
À la demande des actionnaires, les deux entreprises ont constitué des comités spéciaux réunissant des administrateurs indépendants. Leur rôle est d’examiner l’éventuelle fusion et ses conditions. Ce dispositif place l’évaluation du projet dans un cadre distinct de la prise de position personnelle d’Elon Musk : les représentants de chaque société doivent étudier le rapprochement, plutôt que simplement entériner son intérêt affiché.
Elon Musk a indiqué qu’il ne prendrait pas part à leurs discussions en raison de son conflit d’intérêts. Il soutient donc le principe du rapprochement sans participer à cette étape de négociation. C’est le premier obstacle de gouvernance à traiter : une opération impliquant les deux groupes ne peut pas reposer uniquement sur son appréciation des avantages attendus. L’existence des comités ne garantit d’ailleurs pas qu’ils parviendront à une position commune.
Un éventuel accord entre ces instances ne serait pas non plus le dernier feu vert. La fusion devrait recevoir l’approbation des actionnaires. BFM Bourse indique que, du côté de Tesla, l’accord de 50 % de l’ensemble des actionnaires serait nécessaire. Il faut ainsi distinguer trois étapes : l’examen indépendant, un accord sur les conditions, puis la validation actionnariale. La confirmation des discussions ne permet pas de considérer ces étapes comme acquises.
Un intérêt stratégique centré sur l’intelligence artificielle et les capacités technologiques
L’argument d’Elon Musk porte sur plusieurs domaines de développement, plutôt que sur un seul métier. Il évoque la robotique et les puces, ainsi que les logiciels de superintelligence. Il y ajoute la connectivité et la capacité à envoyer massivement des équipements en orbite. Le bénéfice stratégique qu’il défend serait de réunir ces compétences dans un même ensemble. Ce sont des gains envisagés, pas des résultats déjà obtenus grâce à une fusion.
Les résultats trimestriels de SpaceX donnent une mesure du poids pris par ces activités technologiques. Sa division consacrée à l’IA et à la superintelligence affiche 7,56 milliards de dollars de revenus, avec une progression annuelle de 830 %. À titre de comparaison, Starlink génère 5,2 milliards de dollars, tandis que l’activité lanceurs atteint 1,8 milliard. L’examen du projet concerne donc un groupe dont les revenus ne se limitent pas aux activités spatiales.
Des enjeux financiers et géographiques à intégrer à la décision
SpaceX a enregistré un bénéfice trimestriel de 4,4 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires de 14,6 milliards, en hausse de 161 % sur un an. Ses investissements sur le trimestre atteignent toutefois 19,6 milliards de dollars. Ces montants éclairent l’enjeu financier du rapprochement : apprécier son intérêt suppose aussi de tenir compte de l’ampleur des dépenses, et pas seulement de la croissance des revenus ou des complémentarités technologiques mises en avant.
Les deux sociétés présentent aussi des implantations et des engagements différents. SpaceX est un sous-traitant important des autorités et de l’armée américaines. Tesla possède, de son côté, des activités majeures en Chine dans les batteries et l’automobile. Ces expositions constituent une autre dimension du dossier à examiner. L’enthousiasme d’Elon Musk pour une stratégie commune ne règle donc ni les conditions de gouvernance ni les questions posées par la réunion de ces activités.
Questions fréquentes
La fusion entre SpaceX et Tesla est-elle certaine ?
Non. Les discussions sont confirmées, mais les comités spéciaux n’ont pas trouvé d’accord sur les conditions d’une éventuelle opération.
Pourquoi Elon Musk ne participe-t-il pas aux discussions des comités ?
Il a déclaré être en situation de conflit d’intérêts. L’examen est confié à des administrateurs indépendants dans chaque entreprise.
Qui devra approuver une éventuelle fusion ?
Les actionnaires devront donner leur accord. Pour Tesla, BFM Bourse évoque un seuil de 50 % de l’ensemble des actionnaires.