Fitch maintient la France à A+ mais assombrit sa perspective, le gouvernement défend un budget ramenant le déficit à 5%
Le 30 octobre 2026, Fitch a conservé la note A+ de la France, mais abaissé sa perspective à négative face à la dégradation budgétaire. Le gouvernement répond en défendant l’adoption du budget 2027 avant la fin de l’année, avec un objectif de déficit de 5%.
En bref
Fitch conserve la note française à A+, mais sa perspective devient négative, tandis que Roland Lescure demande l’adoption du budget 2027 avant la fin de 2026 pour ramener le déficit à 5%.
L'essentiel
- La décision du 30 octobre modifie la perspective, sans abaisser la note souveraine.
- Fitch s’inquiète du poids de la dette, des taux et de la faiblesse économique.
- L’agence prévoit un déficit de 5,5% du PIB en 2027, supérieur à l’objectif gouvernemental.
- Le gouvernement n’écarte pas des mécanismes constitutionnels pour faire adopter le budget.
Un jugement plus sombre depuis la revue de fin août
La décision prise par Fitch le 30 octobre 2026 marque une rupture avec son appréciation de fin août. L’agence avait alors reconduit à la fois la note souveraine et sa perspective stable, en soulignant la résistance de l’économie française. Elle maintient désormais le classement A+, mais porte un regard plus défavorable sur la trajectoire des finances publiques.
Ce changement repose sur trois évolutions qui se cumulent : une activité moins dynamique, des comptes publics dégradés et un financement plus coûteux. Pour Fitch, leur combinaison rend plus difficile l’effort budgétaire nécessaire pour freiner l’endettement. Son inquiétude porte donc sur la capacité à corriger durablement cette trajectoire, et pas seulement sur l’adoption d’un texte financier.
L’agence continue néanmoins de reconnaître plusieurs atouts à la France. Elle met en avant une économie diversifiée, de grande taille et riche, ainsi que des institutions solides. La participation à la zone euro et la capacité de résistance des banques françaises soutiennent également son appréciation. Ces éléments favorables coexistent avec une évaluation désormais plus sévère de la situation budgétaire.
La dette et le coût des emprunts concentrent les inquiétudes
La projection de Fitch donne la mesure du problème : la dette publique, rapportée au PIB, passerait de 115,7% en 2025 à environ 124% en 2028. Il s’agit d’une prévision de l’agence, mais elle traduit la poursuite attendue d’une hausse du poids de la dette dans l’économie. Depuis son examen précédent, Fitch estime que cette dynamique s’est détériorée.
Les conditions d’emprunt constituent l’autre point de tension. Fitch constate une progression marquée des rendements des obligations françaises depuis sa dernière revue, plus forte que dans la plupart des pays comparables. Or des taux plus élevés compliquent le redressement des comptes : le financement de la dette devient plus coûteux au moment même où le gouvernement cherche à réduire le déficit.
Le taux français à dix ans a terminé la séance du 30 octobre à 4,97%, après 4,91% lors de la séance précédente. Il avait déjà franchi le seuil de 5% la semaine antérieure. Ces niveaux éclairent le diagnostic de Fitch sur les difficultés croissantes d’un assainissement budgétaire appelé à durer.
Le gouvernement oppose son objectif de déficit à une économie affaiblie
La réponse de Roland Lescure se concentre sur le budget 2027. Le ministre de l’Économie appelle à le faire adopter avant la fin de 2026, en défendant un texte responsable destiné à ramener le déficit à 5% du PIB. Il réaffirme ainsi la volonté gouvernementale de poursuivre le redressement des finances publiques.
Cet objectif est plus ambitieux que la prévision retenue par Fitch : l’agence anticipe encore un déficit de 5,5% du PIB en 2027. Les deux chiffres ne décrivent donc pas la même chose. L’un constitue la cible politique affichée par le gouvernement ; l’autre correspond au résultat attendu par l’agence dans son évaluation.
L’activité économique fragilise ce chantier. Le PIB a diminué de 0,1% au troisième trimestre, après avoir stagné au deuxième et déjà reculé au premier. À la suite de cette publication, Roland Lescure a décrit une économie à l’arrêt. Le budget doit ainsi être adopté dans un contexte où la croissance n’offre pas l’appui espéré au redressement des comptes.
L’adoption du budget reste un défi politique
Fitch souligne aussi les obstacles politiques et sociaux. La division persistante du paysage politique, associée à un climat social difficile, complique selon elle les efforts budgétaires durables. L’enjeu ne se limite donc pas aux montants inscrits dans le budget : il concerne également la capacité à faire adopter puis à tenir les choix nécessaires.
Malgré l’absence de majorité parlementaire, l’agence estime toutefois que le budget devrait être adopté grâce aux outils constitutionnels à la disposition de l’exécutif. Le gouvernement n’exclut pas le recours au 49.3 en cas de blocage. La possibilité des ordonnances est également évoquée, une voie qui n’a encore jamais servi à faire adopter un budget sous la Ve République.
Questions fréquentes
La note de la France a-t-elle été abaissée le 30 octobre ?
Non. Fitch a conservé A+ et changé uniquement la perspective, auparavant stable, désormais négative.
Quel déficit le gouvernement vise-t-il pour 2027 ?
Roland Lescure défend une cible de 5% du PIB, contre une prévision de 5,5% retenue par Fitch.
Quelle échéance le gouvernement fixe-t-il pour le budget ?
Il souhaite faire adopter le budget 2027 avant la fin de l’année 2026.