Deux maisons jumelles, la même pompe à chaleur : pourquoi leur chauffage peut coûter 733 euros de plus par an
À besoins de chauffage identiques, la température de l’eau et les réglages peuvent creuser la facture d’une pompe à chaleur. Une simulation de l’ADEME illustre l’importance des radiateurs, de la loi d’eau et de la qualité de l’installation.
En bref
Deux pompes à chaleur identiques peuvent consommer très différemment parce que leur efficacité dépend de la température d’eau à produire, de son adaptation au temps extérieur et du fonctionnement de l’installation.
L'essentiel
- Une simulation portant sur deux maisons jumelles aboutit à un écart annuel de 733 euros.
- Une eau plus chaude réduit les performances d’une pompe à chaleur air/eau.
- La loi d’eau fait varier la température du chauffage avec la température extérieure.
- L’installation et son paramétrage comptent autant dans l’explication que le modèle choisi.
Un même besoin de chaleur ne demande pas toujours autant d’électricité
Le nom du modèle ne suffit pas à prévoir votre facture. Une simulation issue d’une étude de l’ADEME, relayée par Marie-France, compare deux maisons jumelles dont les besoins de chauffage sont identiques. Elles possèdent la même pompe à chaleur, mais leurs dépenses annuelles présentent un écart de 733 euros. Ce montant illustre une configuration précise : il ne constitue pas une économie garantie pour toute installation.
Pour comprendre cette différence, il faut distinguer la chaleur nécessaire au logement de l’électricité utilisée pour la fournir. Une pompe à chaleur aérothermique récupère de la chaleur dans l’air extérieur et chauffe avec moins d’électricité qu’un appareil à effet Joule. Mais son efficacité n’est pas constante. Dans le cas d’une pompe à chaleur air/eau, elle diminue lorsque l’appareil doit produire une eau plus chaude. Deux machines identiques ne travaillent donc pas forcément dans les mêmes conditions.
La température demandée dépend aussi des radiateurs
Dans l’une des maisons de la simulation, le chauffage peut fonctionner avec une eau comprise entre 35 et 45 °C, grâce à de grands radiateurs ou à un plancher chauffant. Dans l’autre, des radiateurs plus petits imposent une température proche de 55 °C. La différence ne vient donc pas du modèle de pompe à chaleur : elle tient au circuit auquel il doit fournir la chaleur et à la température nécessaire pour chauffer les pièces.
La plage allant de 35 à 45 °C est présentée comme la plus favorable au rendement. L’ADEME indique qu’une baisse de 10 °C de la température d’eau permet de gagner un point de coefficient de performance, ou COP. Cet indicateur rapporte la chaleur fournie à l’électricité consommée. Plus il est élevé, moins il faut d’électricité pour fournir une même quantité de chaleur. La température de l’eau explique ainsi pourquoi une caractéristique du réseau de chauffage peut peser durablement sur la dépense.
La loi d’eau relie le fonctionnement de la machine à la météo
L’installation n’a pas besoin de demander la même température d’eau par tous les temps. C’est le rôle de la loi d’eau : elle adapte automatiquement la température du circuit à celle de l’air extérieur. À titre d’exemple, une eau à 35 °C peut être envoyée dans les radiateurs lorsqu’il fait 10 °C dehors. Si la température extérieure atteint −5 °C, l’eau peut monter à 45 ou 50 °C. Ces valeurs illustrent le principe, sans constituer un réglage universel.
Le paramétrage de cette relation a donc une conséquence directe sur les conditions de fonctionnement. Une loi d’eau qui demande une température inutilement élevée fait travailler la pompe à chaleur dans une zone moins favorable à son efficacité. À l’inverse, la recherche d’une eau moins chaude reste liée à la capacité du circuit à chauffer le logement. Il faut aussi distinguer les usages : ces températures concernent le chauffage, pas l’eau chaude sanitaire, pour laquelle une température autour de 55 à 60 °C est indiquée.
La performance réelle est celle de l’ensemble installé
Dans une étude de l’ADEME sur 100 maisons, le COP moyen mesuré atteint 2,9. Certaines installations dépassent 4, tandis que d’autres descendent à 1,8. Ces résultats ne décrivent pas une comparaison entre appareils tous identiques, mais montrent l’étendue des performances observées dans les logements. Marie-France rapporte également qu’un tiers des équipements étudiés présentaient une installation ou un paramétrage défectueux. La performance réelle ne se résume donc pas à celle annoncée pour la machine.
Les démarrages trop rapprochés, appelés cyclage, constituent un autre mécanisme de surconsommation et d’usure. Ils rappellent que la facture dépend aussi de la façon dont l’appareil fonctionne, et pas seulement de la température qu’il atteint. Pour comprendre l’écart entre deux logements, il faut ainsi considérer un ensemble : les besoins de chaleur, les radiateurs ou le plancher chauffant, la température demandée et la régulation. Acheter le même modèle ne rend pas ces conditions identiques.
Questions fréquentes
Les 733 euros d’écart s’appliquent-ils à toutes les maisons ?
Non. Ce montant correspond à une simulation comparant deux maisons jumelles équipées de la même pompe à chaleur, avec des conditions de chauffage différentes.
Une eau à 55 °C empêche-t-elle la pompe à chaleur de chauffer ?
Non : c’est la température requise dans l’un des logements simulés. En revanche, produire une eau plus chaude réduit les performances de la pompe à chaleur air/eau.
La loi d’eau maintient-elle une température fixe dans le circuit ?
Non. Elle fait varier la température de l’eau de chauffage en fonction de la température extérieure.